Cours de Mycologie
 
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Le Pityriasis versicolor

 

Répartition géographique et incidence

 

Malassezia furfur est la seule levure de la peau qui fait partie de la flore résidente normale commensale de tout être humain, sans doute depuis la période néonatale.

Son habitat naturel est essentiellement le follicule pilo-sébacé. Elle est dite lipophile car sa croissance nécessite la présence d’acides gras libres. Comme d’autres microorganismes de la flore cutanée normale, M. furfur aurait une activité lipasique capable de libérer des acides gras à partir des triglycérides du sébum. Cela explique que la colonisation du tégument augmente dans la période pubertaire. Elle est très basse avant et diminue chez le sujet âgé lorsque la production de sébum baisse.

La maladie, le pityriasis versicolor, est due à la transformation de cette levure dimorphique d’une phase levure saprophyte en une phase filamenteuse pathogène. Les filaments envahissent le stratum corneum à la fois entre et dans les cornéocytes : il en résulte des lésions cliniquement visibles.

 

Description clinique

 

Facteurs favorisants :

 

Dans la majorité des cas, le diagnostic est facile. Mais certaines atteintes sont atypiques dans leur présentation clinique ou leur localisation.

Différents diagnostic différentiels peuvent être évoqués :

Une confirmation biologique est alors nécessaire :

  

La rechute

  • En dehors d’une mauvaise observance du traitement, les rechutes s’expliquent par une recolonisation du tégument, alors qu’il persiste un terrain cutané propice au développement de la maladie.

  • Cette recolonisation est possible à partir de lésions infracliniques non traitées, de gîtes fongiques persistant dans des follicules pilosébacés, ou, peut-être, par réensemencement de la peau, habitat naturel de la levure, à partir du conjoint, porteur sain.

  • C’est pourquoi, si un patient rechute, il est indispensable de prévenir d’autres rechutes par un traitement préventif.

 Information du patient et traitement

L’information du patient fait partie du traitement. En matière de pityriasis versicolor, il est indispensable de fournir des explications au patient, qui doit être informé des points suivants afin qu’il comprenne mieux sa maladie :

  • c’est une infection bénigne, simplement inesthétique

  • elle est due à un champignon normalement présent sur la peau

  • son développement à l’état pathogène est responsable de symptômes cliniques, lié à une modification des conditions cutanées locales propres au patient

C’est pourquoi il peut y avoir des rechutes et il faut prévenir le patient que :

  • la maladie n’est pas contagieuse (elle ne “ s’attrape pas sur les plages ” !)

  • l’hypopigmentation persiste malgré l’efficacité du traitement, mais elle est réversible : la peau se recolore naturellement en plusieurs mois ou plus rapidement si le patient s’expose au soleil pour bronzer

 

Principes

  • Le traitement local est le plus souvent suffisant. Plusieurs possibilités thérapeutiques existent :

    • modification du terrain cutané par un dérivé soufré comme le sulfure de sélénium (Selsun® lotion) à raison de 2 applications par semaine, 3 semaines de suite ;

    • application d’un antifongique actif sur M. furfur : dérivé imidazolé, ciclopiroxolamine, tolnaftate, 2 fois par jour pendant 2 à 3 semaines. La formulation du kétoconazole en gel loussant monodose permet un traitement en une, voire deux applications.

  • Dans les formes étendue, récidivantes ou folliculaires, le traitement local seul peut ne pas suffire : un traitement systémique peut être proposé : kétoconazole, 1 comprimé/jour pendant 10 jours, en respectant les contre-indications habituelles du médicament.

  • Auncun schéma n’est clairement établi pour la prévention des rechutes, mais diverses possibilités existent. Elles font appel au dérivés soufrés (Sélégel®, ou Sélépain®), ou à l’application d’un antifongique topique (Kétoderm® gel moussant monodose)

 Le pityriasis versicolor

 - primo-infection localisée : traitement local

  • sulfure de sélénium 2 x/semaines pendant 3 semaines (l’application préalable de Mercryl lauryléÒ ne paraît pas nécessaire)

  • ou azolé (kétoconazole > itraconazole), cyclopiroxolamine, tolnaftate (lotion, solution, gel moussant)

  • 1 à 2 x/jour pendant 2 à 3 semaines ?

 

- forme étendue, récidivante ou folliculaire :

  • traitement systémique : kétoconazole 200 mg/jour pendant 10 jour ou 400 mg/jour pendant 5 jours

  • prophylaxie (prévention des récidives) : dérivés soufrés (Sélégel®, Sélépain®), antifongique topique (Kétoderm® gel moussant monodose, Pévaryl® lotion) ?

 

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