Le
pityriasis versicolor est une mycose superficielle (épidermomycose stricte)
universelle bénigne, qui siège préférentiellement dans les zones cutanées
les plus riches en glandes sébacées.
En
France, elle atteint essentiellement l’adolescent et l’adulte jeune,
avec une répartition égale entre les deux sexes.
Malassezia
furfur, son agent étiologique, est une levure commensale de la peau,
lipophile et kératinophile qui devient pathogène sous l’influence de
facteurs favorisants : la chaleur et l’humidité, vraisemblablement sur un
terrain génétiquement prédisposé. Un traitement local est en général
suffisant mais le risque de rechute demeure un problème majeur.
Répartition
géographique et incidence
Le pityriasis versicolor est une mycose cosmopolite parmi les plus fréquentes.
Son incidence varie d’un pays à l’autre, essentiellement en fonction des données climatiques : elle ne peut être évaluée avec précision car il s’agit d’une dermatose peu gênante, passant souvent inapercue, pour laquelle il existe peu de données statistiques.
En pourcentage du total des dermatoses observées, sa fréquence varie de 0,5 %, ou moins, dans les pays nordiques, à 50 % dans les régions tropicales. Mais il s’agit vraisemblablement là de chiffres en dessous de la réalité.
Malassezia
furfur est la
seule levure de la peau qui fait partie de la flore
résidente normale commensale de
tout être humain, sans doute depuis la période néonatale.
Son
habitat naturel est essentiellement le follicule
pilo-sébacé. Elle est dite lipophile
car sa croissance nécessite la présence d’acides gras
libres. Comme d’autres microorganismes de la flore cutanée normale, M.
furfur aurait
une activité lipasique capable de libérer des acides gras à partir des
triglycérides du sébum. Cela explique que la colonisation du tégument
augmente dans la période pubertaire.
Elle est très basse avant et diminue chez le sujet âgé lorsque la production
de sébum baisse.
La
maladie, le pityriasis versicolor, est due à la transformation de cette levure
dimorphique d’une phase levure saprophyte en une
phase filamenteuse pathogène. Les filaments envahissent le stratum corneum à
la fois entre et dans les cornéocytes : il en résulte des lésions
cliniquement visibles.
Description
clinique
La lésion élémentaire est une macule arrondie, à limites nettes, de quelques millimètres de diamètre.
Elle débute autour d’un follicule pilaire et grandit de façon centrifuge. La confluence des macules réalise des lésions de taille variable allant d’un aspect en goutte à de grande nappes à contours polycycliques.
Au début, la teinte varie du rose-chamois au brun café au lait foncé. Puis, après un certain temps d’évolution, les lésions deviennent achromatiques et sont particulièrement inesthétiques.
Les lésions actives sont toujours finement squameuses, mais cette desquamation n’apparaît souvent qu’après grattage (signe du copeau).
L’atteinte siège préférentiellement dans les zones cutanées les plus riches en glandes sébacées : partie haute du tronc, cou, bras, région sous-mammaire. Mais la face, la partie basse du tronc, le dos des mains, les membres inférieurs sont parfois touchés. Seules les paumes et les plantes sont toujours indemnes. La maladie sévit dans toutes les races et les deux sexes sont également atteints.
En dehors du caractère inesthétique, la maladie est asymptomatique. Un prurit est seulement signalé dans des atteintes folliculaires diffuses traduites par la présence de minuscules macules de 2 mm de diamètre entourant l’orifice d’un très grand nombre de follicules pilaires du tronc et parfois des membres.
Facteurs favorisants :
les lipides cutanés jouent sûrement un rôle important. Ceci pourrait expliquer la prévalence de la maladie entre 18 et 40 ans, alors qu’elle est rare avant la puberté et chez le vieillard. L’utilisation d’huiles corporelles, solaires en particulier, mérite sûrement des études complémentaires pour déterminer leur implication éventuelle
la sécrétion sudorale intervient également. Les zones sèches de la peau sont moins atteintes. La pratique d’activités responsables d’une sudation importante (sauna, hammam, sports intensifs, ...) est souvent retrouvée à l’interrogatoire. La maladie se développe plus volontiers durant les mois d’été en Europe.
les facteurs climatiques sont aussi concernés. Dans les régions tropicales ou subtropicales, chaudes et humides, l’infection est si fréquente qu’un nom spécifique lui est attribuée (“ lotta ” aux Antilles, “ lotto ” au Zaïre).
des modifications hormonales sont observées : une fréquence anormale de la maladie et de formes diffuses est associée à un hypercorticisme, qu’il soit endogène (maladie de Cushing, grossesse) ou iatrogène (corticothérapie).
une prédisposition génétique peut expliquer la présence de cas familiaux où plusieurs membres d’une même filiation (ne vivant pas forcément ensemble) sont atteints alors que les cas conjugaux sont très rares.
la
possibilité d’anomalies immunitaires a été avancée par certains
auteurs, mais elle reste à démontrer.
Dans
la majorité des cas, le diagnostic est facile. Mais certaines atteintes sont
atypiques dans leur présentation clinique ou leur localisation.
Différents
diagnostic différentiels peuvent être évoqués :
pour
des lésions très pigmentées : érythrasma ou
papillomatose réticulée dans
les atteintes des plis, ou chloasma sur
le visage,
pour
des lésions achromiques : vitiligo, dartres
achromiantes ou autres hypomélanoses acquises
telle qu’une hypopigmentation
post-inflammatoire, ou même une banale dyschromie
après une longue période d’exposition au
soleil.
Une
confirmation biologique est alors nécessaire :
l’examen
en lumière ultra-violette avec une lampe de
Wood révèle une fluorescence pâle jaune-verdâtre,
dorée pour le pityriasis versicolor actif non traité ; il permet, en
outre, d’apprécier l’étendue des lésions, parfois sous-estimées à
l’oeil nu.
la
méthode du “ scotch test ”
est déterminante :
l’application du ruban adhésif transparent sur les lésions préalablement
grattées permet de visualiser le champignon au microscope sous la forme de
levures en forme de “bouteille” en grappes et filaments courts à paroi
épaisse (il est également possible d’examiner au microscope les squames
obtenues par grattage, placées entre lame et lamelle dans une goutte de
potasse à 30 ou 40 %, ou dans du noir chlorazol.
par
contre, la culture sur milieu enrichi en
lipides (milieu de Sabouraud avec 10 %
d’huile d’olive, milieu de Dixon, ...) n’est pas un moyen
diagnostique. Elle permet de mesurer l’intensité de la colonisation sur
un site cutané, mais ne préjuge pas du caractère saprophyte ou pathogène
de M.
furfur.
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La
rechute
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Information
du patient et traitement L’information du patient fait partie du traitement. En matière de pityriasis versicolor, il est indispensable de fournir des explications au patient, qui doit être informé des points suivants afin qu’il comprenne mieux sa maladie :
C’est pourquoi il peut y avoir des rechutes et il faut prévenir le patient que :
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Principes
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Le pityriasis versicolor - primo-infection localisée : traitement
local
- forme étendue, récidivante ou folliculaire :
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