Les Mycotoxines

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Conséquences du développement de moisissures dans les denrées alimentaires : la mycotoxinogénèse
 
La conséquence du développement de moisissures dans les denrées alimentaires sont multiples :

 

- Généralités

Bien qu’il paraîtrait logique d’appeler mycotoxines toutes les toxines élaborées par des champignons, l’usage restreint la signification de ce terme aux toxines zootoxiques élaborées par des moisissures dans les aliments de l’homme ou des animaux.
     

La formation de métabolites zootoxiques dans les denrées végétales destinées à la consommation humaine ou animale à la suite de leur attaque par des champignons peut résulter schématiquement de trois mécanismes différents :

1/ Le champignon, en parasitant un végétal vivant, peut entraîner, soit une exacerbation de certaines réactions métaboliques de la plante, conduisant à des concentrations anormalement élevées d’un constituant habituel, soit la formation par le végétal de produits toxiques n’existant pas dans la plante saine.
Dans le premier cas, on peut citer l’accroissement considérable de la teneur en phytoestrogènes de la luzerne à la suite de l’infection par divers agents phytopathogènes.
L’apparition d’ipoméamarone et du facteur de l’oedème du poumon dans la patate douce, à la suite de l’infection par Ceratocystis fimbriata ou par Fusarium solani constitue une exemple de seconde situation.
 
2/ Le champignon peut transformer un composé peu ou pas toxique en un produit toxique par le jeu des bioconversions. Ainsi, l’acide O-coumarique, présent en faible concentration dans le mélilot, peut être transformé par différentes moisissures en 4-hydroxycoumarine, puis en dicoumarol, anticoagulant puissant.
 
3/ La toxine est un métabolite propre au champignon lui-même : aflatoxine, zéaralénone, ..., composés dénommés mycotoxines au sens habituel du terme.
 
- Biogénèse des mycotoxines

Les principales voies de biosynthèse des mycotoxines sont présentées dans le tableau suivant. 

 
Mycotoxines 
 
Dérivées des acides aminés 
 
Dérivées des polycétoacides
 
Dérivées des terpènes

 

 

 

Alcaloïdes de l’ergot

Aflatoxines

Diacétoxyscirpénol

Acide cyclopiazonique

Acide pénicillique

Déoxynivalénol

Acide aspergillique

Citrinine

Fusarénone

Fumitrémorgènes

Ochratoxine

Roridines

Gliotoxine

Patuline

Toxine T2

Roquefortine

Rubratoxines

Verrucarines

Slaframine

Stérigmatocystines

...

Sporidesmines

Zéaralénone

 

...

...

 

 

 

 

 
 
- Les mycotoxines élaborées dans le champ, avant la récolte
Tout au long de la chaîne, depuis le champ jusqu’à l’assiette du consommateur ou la mangeoire, tel ou tel groupe de moisissure est susceptible de se développer et de produire des mycotoxines si les conditions écologiques, notamment l’humidité, lui sont favorables.
 
- Les alcaloïdes de l’ergot
- Les sporidesmines

- La slaframine

- Autres mycotoxines produites dans le champ

 

- Elaboration de mycotoxines au cours de la conservation des denrées alimentaires

- Facteurs intrinsèques

- Facteurs extrinsèques

- Facteurs physiques, physico-chimiques et chimiques

Disponibilité en eau

Température

Composition gazeuse

Nature du substrat

 

 
Schématisation des risques de patuline dans la pomme et ses dérivés.

 

- Facteurs biologiques

Prédateurs

Mycoflore

- Facteurs extrinsèques divers

Insecticides

Agents fongistatiques

 

- Mycotoxinogénèse dans les denrées fermentées

Penicillium roqueforti
En ce qui concerne Penicillium roqueforti, certaines toxines décrites sont instables dans le fromage : PR toxine, PR imine, patuline ; d’autres métabolites, moins toxiques, peuvent contaminer les fromages : roquefortine, isofumigaclavines, acide mycophénolique.

Penicillium camemberti peut produire, non seulement in vitro mais aussi dans le fromage, l’acide cyclopiazonique.

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