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Syndrome Gyromitrien:
Il
s'agit d'une intoxication grave causée par l'ingestion de
champignons frais crus ou cuits "à l'étouffée".
La mortalité, autrefois estimée à 10% des cas
sévères, hospitalisés, est probablement inférieure
à l'heure actuelle, avec un traitement adapté, les
mécanismes de l'intoxication étant aujourd'hui bien
connus.
- Substances
responsables:
La vraie toxine est la gyromitrine.
- Mécanisme
d'action:
La gyromitrine et ses homologues supérieurs ne sont toxiques
qu'indirectement par l'intermédiaire de leur dérivé
par hydrolyse: la mono-méthyl-hydrazine (M.M.H).
La toxicité de la M.M.H a été bien étudiée
en raison de son emploi dans l'industrie aérospatiale comme
carburant de fusée et surtout en raison de l'utilisation
en thérapeutique de la procarbazine ("Natrilan",
cancérostatique) composé très proche.
La M.M.H est une substance cytotoxique dont l'activité
rappelle celle des radiations ionisantes .
- Champignons
responsables:
Gyromitre dite comestible, Gyromitra esculenta.
Pezize en couronne, Sarcosphaera coronaria.
- Les
signes cliniques:
Ce syndrome placé dans les syndromes d'incubation longue
a en fait une incubation intermédiaire.
Le delai d'apparition des symptômes est de 2 à 24
heures, le plus souvent entre 6 et 8 heures.
Nous distinguons une toxicité à court et à
long terme.
Dans le cas de la toxicité à court terme: l'intoxication
est très variable d'un patient à l'autre, elle peut
aller d'une simple indigestion à des manifestations graves
voire mortelles.
Le tableau clinique peut comporter:
- Troubles
digestifs: nausées, vomissements durant plusieurs heures,
douleurs abdominales, parfois diarrhées et des céphalées.
Si l'intoxication se limite à cette phase, le rétablissement
prendra 2 à 6 jours.
- Troubles
hépatiques: (autour du 2éme et 3éme jour)
nous observons un ictère, une hépatomégalie
douloureuse, une hépatite cytolytique. Il peut y avoir
une hémolyse. Généralement, l'hémolyse
intravasculaire aiguë se produit chez des patients atteints
d'un déficit enzymatique érythrocytaire.
Dans les formes fatales, une insuffisance hépatique
aiguë avec une encéphalopathie et anurie est décrite.
- Troubles
nerveux: agitation, délire ou somnolence. Des convulsions,
des accès paroxystiques de contractures musculaires,
un trismus font partie du tableau clinique. Ces troubles peuvent
évoluer vers un coma.
- Traitement:
Il est essentiellement symptomatique et doit être conduit
en milieu hospitalier.
Il faut corriger les déséquilibres hydroéléctrolytiques
et apporter du glucose.
Certains auteurs préconisent une antibiothérapie
générale digestive précoce.
La vitamine B6 est préconisée pour prévenir
les convulsions. Lorsque celles-ci surviennent, il faut associer
à la vitamine B6 des benzodiazépines.
Les troubles nerveux (agitation, délire...) sont corrigés
par des neuroleptiques ou des anxiolytiques.
Lors d'accidents hémorragiques ou d'hémolyse aiguë,
il faut compenser les pertes sanguines et les déficits
en facteurs de coagulation par des transfusions ou des exsanguino-transfusions.
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