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CULTURE
CINEMA
 

Dan Alexe

Cabale à Kaboul

Cabale à Kaboul est un film qui aborde d’une manière inattendue les rapports entre Juifs et Musulmans. Original par son sujet, le film l’est aussi par sa forme. Narrative d’abord : le film raconte l’histoire des deux derniers Juifs d’Afghanistan –Isaac et Zabulon- et s’articule autour du thème de l’hostilité… Le vieux Isaac est le sorcier guérisseur de Kaboul. Juif haut en couleurs, Isaac fabrique des amulettes kabbalistiques qu’il vend aux Musulmans et chasse les démons des femmes possédées ou des soldats afghans fatigués par la guerre. L’autre Juif, Zabulon, a les mêmes Afghans comme clients… Seulement il leur vend l’alcool qu’il fabrique en cachette et qui constitue son gagne pain. Le comble c'est que ces deux derniers Juifs afghans ne se parlent plus depuis une décennie. Ils se haïssent même, avec violence. Ils ont divisé la synagogue en deux, chacun vivant de son côté, chacun chassant les clients de l’autre. Sans commentaire off, tourné d’une façon personnelle, monté comme un drame psychologique et composé d’images inattendues et de situations cocasses et violentes, Cabale à Kaboul est un film qui représente tout seul catégorie à part : une comédie documentaire!

MARZIYEH MESHKINI

Chiens égarés

Deux enfants, un frère et une sœur, sauvent un chien égaré dans les rues de Kaboul. Un soir, les deux enfants se rendent à la prison où est incarcérée leur mère. N’ayant nul endroit où dormir, ils sont autorisés à passer la nuit avec elle. Mais le matin suivant, ils doivent partir : la prison est un lieu pour les criminels, pas pour les orphelins errants.

L'écrivain Atiq Rahimi adapte "Terre et cendres"

Afghanistan mon amour

Tourner dans le Panchir relève de l'exploit. Ici, guerre et désolation ont façonné les esprits.

« Toute cette histoire a commencé ici, un jour de 1981, se souvient Atiq Rahimi. Reporter occasionnel pour un magazine de Kaboul, je suis venu écrire un article sur la vie des mineurs de charbon de Pol-e-Khumri. Un matin, sur le pont qui conduit à la mine, j'aperçois un vieillard et un enfant. Leurs regards m'ont cloué sur place. J'ai vu dans leurs yeux toute la catastrophe de la guerre. J'ai voulu les prendre en photo. Malheureusement, ou peut-être était-ce un signe, l'appareil n'a pas fonctionné. Ces deux visages sont restés gravés dans mon esprit... » De là est né Terre et cendres, publié chez P.O.L en 2000. L'histoire simple d'un grand-père, concentré de tradition et d'honneur à l'ancienne, et de son petit-fils, rendu sourd par la guerre, qui viennent annoncer au fils, ouvrier dans les mines de charbon, le bombardement qui a détruit son village et décimé sa famille.
A cinq heures de l'après-midi
Samira Makhmalbaf

« A cinq heures de l'après-midi essaye de corriger les fausses informations propagées par le tourbillon frénétique de la politique et des médias. » Cette déclaration de Samira Makhmalbaf en dit long sur l'ambition de la réalisatrice. Par le biais des pérégrinations de Noqreh, elle montre l'état de l'Afghanistan juste après l'intervention américaine. Les conflits de génération, la misère, le manque d'accès à l'information, l'archaïsme persistant des mentalités mais aussi la noblesse d'un peuple ressortent de cet opus à la fois politique et sociologique. L'esthétisme avec lequel la cinéaste traite son sujet donne un aspect onirique à ce qui devient un conte doux amer. Les images léchées, les contrastes soignés, les plans rigoureux, en un mot la griffe Makhmalbaf, alanguissent les scènes et font passer du côté de la poésie une œuvre militante.

OSAMA
(sortie en salles le 24 mars 2004)

OSAMA est l'histoire amère et tragique de la pire période de notre vie, un moment de notre histoire où personne n'avait le droit de prendre ses propres décisions. OSAMA est l'histoire de personnes ayant perdu leur identité. C'est l'histoire d'une peur atroce, de personnes terrifiées par le son de leur ombre. C'est l'histoire sans fin des femmes en prison. Et c'est aussi l'histoire d'une petite fille, de l'injustice et du fanatisme religieux qu'elle doit supporter sur les épaules.”


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